Manuscrits d'historiens romains au sujet de Jésus

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GRANT JEFFREY

Ce qui suit est un aperçu de quelques manuscrits historiques romains et païens des premiers siècles de notre ère traitant de la vie et de l'influence de Jésus-Christ. Ces documents ont donc traversé deux mille ans d'histoire.

 


Cornélius Tacite : Gouverneur de l'Asie

Cornélius Tacite, historien romain, agissait en tant que gouverneur de l'Asie (Turquie) en 112 de notre ère. Il fait mention, dans ses écrits, de la persécution des chrétiens que l'empereur Néron décréta en les accusant d'avoir brûlé Rome. « Christus (Christ), l'instigateur du nom, a été mis à mort par Ponce Pilate, le procurateur de la Judée sous le règne de Tibère ; mais la croyance pernicieuse, qui avait été réprimée pour un temps, reprit de l'ampleur non seulement à travers la Judée, où le mal commença, mais également à Rome. » En tant qu'historien soucieux, Tacite, qui avait accès aux archives du gouvernement de Rome, confirma plusieurs détails des Évangiles, du livre des Actes et de l'Épître aux Romains.

Suétone : Historien Romain

Suétone agissait en tant qu'historien officiel de Rome en 125 de notre ère. Dans son œuvre, Vie de Claude, il parle des chrétiens qui causèrent du trouble à Rome, et qu'on bannit de la ville. Il identifie la secte des chrétiens comme dérivant de « l'initiative de Christus » ; c'est sa façon d'orthographier le nom Christ.

Pline Le Jeune

Plinius Secundus, connu sous le nom de Pline le Jeune, affirma que les chrétiens avaient « L'habitude de se rencontrer à un jour fixe, avant l'aube, pour chanter tour à tour des hymnes à Christ, comme à un dieu. Ils s'engageaient tous par un serment solennel à ne jamais avoir de gestes pervers, à ne jamais commettre de fraude, de vol, d'adultère, à ne jamais falsifier leur parole et à ne jamais refuser une responsabilité lorsqu'ils pouvaient l'accomplir ». Pline remplissait le rôle de gouverneur de la province romaine de Bithynie (Turquie) en 112. Il demanda à l'empereur des instructions concernant l'interrogatoire des chrétiens qu'il persécutait. Dans ses Lettres, il explique que ces croyants n'auraient pas adoré l'empereur Trajan ni maudit leur chef, Jésus-Christ, même sous une torture extrême. Pline décrit les chrétiens comme un peuple qui aimait la vérité, quel qu'en ait été le prix. Il est impossible de croire que ces gens auraient accepté de mourir de leur plein gré pour une chose qu'ils auraient su mensongère. Leur martyre était basé sur le fait qu'ils connaissaient la vérité sur Jésus à cause des déclarations des Évangiles.

Lucien de Samosate

Lucien vécut à Samosate un siècle après Christ. Dans son livre, The Passing Peregrinus, il affirme que Jésus était adoré par ses disciples et qu'il a été « L'homme crucifié en Palestine pour avoir présenté ce nouveau culte à l'humanité ».

Flavius Josèphus

« Il y avait en ce temps-là, Jésus, un homme sage, s'il est permis de l'appeler un homme ! Il accomplissait des oeuvres merveilleuses. D'un pareil enseignant, les hommes recevaient la vérité avec plaisir. Il attirait à lui autant des Juifs que des Gentils. Il était (le) Christ.

Lorsque Pilate, à la suggestion des hommes les plus importants parmi nous, le condamna à mourir sur la croix, ceux qui l'avaient aimé en premier ne l'abandonnèrent pas, car il leur apparut vivant à nouveau le troisième jour. Les divins prophètes l'avaient annoncé, en plus des dix mille autres choses merveilleuses le concernant. Et la tribu des chrétiens, dont le nom vient de lui, n'est toujours pas éteinte à ce jour. »

Pharisien et prêtre, Flavius Josèphe vivait à Jérusalem. Né en 37, peu de temps après la mort de Christ, il fut témoin de première heure des événements qui ont mené à la destruction de la Ville sainte et du Temple. Général au sein des forces rebelles juives pendant la guerre contre Rome, Josèphe a été capturé par les Romains lors de la chute de la ville de Jotapata. Il devint ensuite l'ami du général romain Vespasien. En tant qu'historien, il avait accès tant aux données du gouvernement romain qu'à celles du gouvernement juif. Il fit d'ailleurs une description des événements en Israël durant les turbulentes années du premier siècle. En 94, Josèphe publia à Rome son étude définitive sur l'histoire du peuple juif intitulée "Antiquités". L'un des passages les plus fascinants de cet important document concerne les circonstances entourant la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. De nombreux experts de pensée libérale ont déclaré que les références à Jésus-Christ ainsi que d'autres concernant Jacques et Jean le Baptiste, devaient être des interpolations ou des falsifications effectuées plus tard par des éditeurs chrétiens. À leurs yeux, il était impossible que les données de Josèphe sur Jésus soient authentiques. Cependant, une telle affirmation exige des preuves valables. Pourtant aucun d'entre eux n'a pu exhiber un seul exemplaire ancien des Antiquités écrit par Josèphe, dont le contenu ne faisait pas mention du passage sur Jésus. S'ils avaient présenté des douzaines d'exemplaires anciens du livre de Josèphe sans le passage en question, ils auraient démontré la pertinence de leur objection.

Toutefois, Philip Schaff note dans son livre, History of the Christian Church, que tous les exemplaires anciens du livre de l'historien Josèphe, y compris les versions en slavon (russe) et en arabe, contiennent le passage controversé à propos de la vie de Christ. Chaque exemplaire ancien publié en plusieurs langues au cours des IVe et Ve siècles contiennent le passage. Personne n'a jamais pu expliquer comment un éditeur s'y serait pris pour altérer les différentes versions du document, lequel a été largement distribué pendant les siècles qui ont suivi sa publication.

Si ces experts ont rejeté le passage du document de Josèphe, c'est qu'ils étaient tout simplement animés d'un préjugé profondément enraciné qui les empêchait d'admettre son authenticité, d'autant plus qu'il confirme l'historicité des faits sur Jésus-Christ. En admettant que les événements relatés dans les Écritures se soient vraiment produits, il serait donc normal que Josèphe les mentionne à la place appropriée dans sa narration de ce siècle tumultueux. En fait, il aurait été étonnant que Josèphe passe sous silence une quelconque donnée relative au ministère et à la résurrection de Jésus.

Dans son livre, The Historical Reliability of the Gospels publié en 1987, Craig Blomberg, un spécialiste en matière biblique, écrit : « Plusieurs études récentes sur Josèphe s'accordent pour dire qu'il est possible de reconnaître le style d'écriture de l'historien ailleurs dans d'autres passages... Toutefois, les documents qui ont été préservés semblent authentiques et sont certainement le témoignage non chrétien le plus important sur la vie de Jésus ». Blomberg termine sa longue analyse comparative de l'évidence historique concernant Christ par cet énoncé : « Par conséquent, les Évangiles peuvent être considérés comme une source historique fiable ».

Par ailleurs, R.C. Stone écrit, dans un article intitulé "Josèphe" : « Certains estiment que le passage sur Jésus n'est qu'une interpolation chrétienne. Cependant, l'essentiel de la preuve, tant externe qu'interne, l'identifie comme authentique. Josèphe devait être au courant des événements principaux de la vie et de la mort de Jésus. Sa curiosité d'historien l'a cer­tainement poussé à faire des recherches sur le mouvement qui gagnait de plus en plus d'adeptes, même dans les cercles élevés de la société.

Extrait du livre "La signature de Dieu"