Dieu banni de l'Europe

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DAVID HATHAWAY

En 2005, à une écrasante majorité, la Constitution européenne fut rejetée lors d'un référendum en France et au Danemark, ralentissant la réalisation du projet. C'est ainsi que des pays, comme la Grande-Bretagne, qui avaient déjà prévu d'organiser un référendum, mirent leur plan en suspens. Cela n'empêche pas l'union politique de l'Union européenne de continuer d'avancer sans restriction.


En effet, 85 % du traité peut, avec quelque interprétation créative, être mis en œuvre dans les cadres légaux existants, pendant que les questions d'importance peuvent, elles, être formalisées au cours d'une conférence intergouvernementale mineure, sans la nécessité d'un débat, puisque dans son principe, la constitution a déjà été ratifiée.

La constitution n'est autre qu'une tentative d'unir les quatre cent cinquante millions d'habitants, issus de vingt-cinq États, englobant tous les courants majeurs d'une culture européenne, dans un document suprême et légal, sans jamais faire mention de Dieu !

Dans son préambule (c'est-à-dire dans l'introduction et l'influence fondatrice derrière la Constitution), cette Constitution se réfère aux civilisations grecque et romaine en tant que traditions formatrices de l'Europe, et pas du tout au christianisme ! Cela peut-il signifier que l'Europe succéderait aux empires Babylonien/Médo-Perse/Grec et Romain de Daniel 2, dont les pieds de la statue seront pulvérisés lors du retour du Christ Jésus ? L'humaniste et ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, également président du comité qui rédigea l'avant-projet, rejeta toute mention de Dieu, mais fit toutefois inclure ces mots dans le préambule: ... l'Europe est un continent qui a produit la civilisation ... ses habitants, venus en vagues successives depuis l'origine des temps, ont progressivement développé, au fil des siècles, les valeurs qui sont la fondation de l'humanisme: l'égalité de tous les humains, la liberté, le respect vis-à-vis de la raison ...

La décision de bannir Dieu de la Constitution fut prise - comme toujours en Europe - derrière des portes closes par un groupe non élu de treize, et sur la base d'un papier au titre clair : Ne laissez pas Dieu en dehors, rédigé par Joseph Borrell Fontanelles, membre de la Convention et de la ligne dure socialiste. La décision fut bien accueillie par la Turquie, contrariée, ensemble avec quatorze millions de musulmans européens, par une Union européenne perçue comme un « club essentiellement chrétien. »

Dans l'Union européenne, la religion et la foi sont des choses officiellement considérées comme des questions culturelles ou nationales, un peu comme les vêtements que vous portez, la nourriture que vous mangez, la langue que vous parlez et comme la couleur de votre peau : bref, une tradition héritée de la société ou du groupe dans lequel vous êtes né. En Europe continentale, on peut être catholique ou luthérien ; en Angleterre, anglican, catholique ou membre d'une église libre. En Europe de l'est, domine la foi orthodoxe, en vérité toute religion se trouvant dans votre périmètre géographique. Des éléments comme la wicca ou la sorcellerie reçoivent également une reconnaissance en tant que pures racines païennes ancestrales ! Et pour promouvoir l'harmonie raciale, des écoles et des média prodiguent l'enseignement et l'information qui se rapportent aux religions des cultures minoritaires vivant parmi nous. La position officielle affirme que c'est par hasard que vous êtes née(e) dans une culture ou une religion particulière et que toutes les cultures, religions et philosophies sont égales, que toutes peuvent donc être pratiquées, mélangées ou rejetées ... sauf une seule : la foi exclusive en Jésus-Christ.

Effectivement, l'Union européenne et les gouvernements nationaux passent de manière croissante des lois qui restreignent ou interdisent les activités de ces groupes et églises qui croient et proclament l'Évangile, affirmant qu'il n'existe qu'un seul Dieu et un seul chemin au salut, par le seul et unique Fils de Dieu, Jésus-Christ. Écrivant dans le N° 15 d'Intelligence Digest (novembre 2004), Adrian Hilton commente ainsi la Constitution : "La Constitution est rigoureusement laïque en soi, toutes les références à Dieu (au christianisme) ayant été ôtées, ne laissant que les valeurs de l'humanisme et du siècle des Lumières."

Pendant deux cent cinquante ans, le mouvement européen des « Lumières » s'est délecté à critiquer la foi centrée sur le Dieu de la Bible, présentée comme sombre et déraisonnable, alors que l'humanisme et la raison humaine étaient exaltés au-dessus de Dieu et présentées comme le but le plus élevé de la société civilisée. Dans le préambule de la Constitution, l'humanisme impie et la raison de l'homme sont les piliers cachés actuels de la Constitution de l'Europe ! Oui, l'Union européenne aime à dire qu'elle est une communauté de valeurs. En réalité, un grand nombre de ses valeurs proviennent de son ancienne foi chrétienne, mais beaucoup ont été érodées par l'impiété. Le code des « Droits de l 'homme » remplace désormais les Dix Commandements de la Parole de Dieu.

Romains 1:21-32 nous avertit que le jour où les hommes cessent d'honorer Dieu, même s'ils se croient sages et raisonnables, alors leurs cœurs s'enténèbrent et deviennent insensés. Lorsque les hommes font de Dieu un menteur, et choisissent d'honorer l'homme créé plutôt que le Créateur, alors ils s'ouvrent eux-mêmes à tout ce qui est vil et pervers, et les valeurs de Dieu sont perdues.

« L'optimisme des lumières du dix-huitième siècle peut être pardonné pour s'être confié en la raison. » déclare pour l'Europe entière l'intercesseur allemand Ortwin Schweitzer. Par contre, il est impardonnable d'offrir cette foi optimiste (dans la raison) à une Europe qui a déjà vécu les deux Guerres Mondiales et l'Holocauste (ou la Shoah), tout en ayant placé la raison sur le trône dans tous les domaines de la vie. Le fait qu'il y ait plusieurs religions dominantes en Europe - et probablement plus encore à l'avenir - est un argument qui a été utilisé pour laisser le mot « chrétien » hors du préambule et de la Constitution.

Si la Turquie musulmane a bien accueilli cette décision, il en a été autrement pour la Pologne, État déjà membre. Depuis le temps des Croisades, en passant par l'Inquisition et jusqu'à la Shoah, le christianisme européen s'est rendu coupable. Pourtant, ce ne sont pas les enseignements de Jésus-Christ qui sont à l'origine de ces crimes, mais bien l'homme pécheur lui-même. Suivant l'exemple même de Mahomet, tel qu'il est rapporté dans le Coran, le but de l'Islam est de mettre sur pied un État divin : la Maison de l'Islam, qui puisse avoir la suprématie partout, par tous les moyens, y compris par la tromperie (après tout, les traités de paix ne sont faits que pour être rompus au bon moment) et le djihad (la terreur et la guerre).

Lorsque la Turquie rejoindra l'Union européenne, elle deviendra le plus puissant État membre à cause du nombre considérable de ses jeunes, dépassant la France et l'Allemagne dans leur leadership. L'intercesseur allemand pour l'Europe, Ortwin Schweitzer, a dit ceci : "Les générations à venir souhaiteront sans doute que les pères de la Constitution européenne aient nommé la tradition judéo-chrétienne comme formatrice pour l'Europe pour qu'il soit bien clair que ce continent ne puisse pas devenir une Maison de l'Islam. Actuellement, nous sommes toujours dans une phase de tolérance, avec une minorité musulmane. Cependant, à travers le terrorisme, nous ne pouvons ignorer cette lave qui bouillonne sous nos pieds ..."

En omettant de mettre le nom judéo-chrétien de Dieu comme étant à la base de notre culture dans son préambule, la Constitution ouvre tout grand la porte à la vision de l'Islam qui rêve de bâtir une Europe qui soit une Maison de l'Islam. Il se pourrait bien, un jour prochain, que la notion de tolérance dont elle est si fière cause la perte de l'Europe, et qu'elle se retrouve ruinée par ceux qui ne partagent pas cette définition de tolérance, mais qui savent comment l'utiliser pour parvenir à leurs fins.

Extrait du livre de David Hathaway " Babylone au coeur de l'Europe "