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Hollywood : 2014, c’est l’année de la Bible !

Pour marquer le retour à l’âge d’or du cinéma, Hollywood a déclaré : « 2014, « l’année de la Bible ». Depuis l’Exode de Ridley Scott, avec Christian Bale dans le rôle de Moïse, Noé, avec Russel Crowe dans le rôle de Noé, Hollywood mise sur de nouvelles innovations en technologie et les nouvelles têtes d’affiche pour revisiter quelques-unes des histoires les plus fameuses jamais racontées.


« C’est certainement un retour aux années cinquante et au début des années soixante, dit le Dr Stephen J. Whitfield, un professeur d’études américain de l’Université de Brandeis, raconte JNS.org. Cela a commencé avec La Tunique en 1953 et la Pâque de Charlton Heston en 1956 –laquelle relatait l’épopée des Dix Commandements, puis on a continué avec les autres films bibliques de Heston comme Ben Hur et La plus grande histoire jamais contée en 1965. « L’une des raisons pour lesquelles les histoires bibliques étaient [si] populaires dans les années cinquante et soixante résidait dans l’atmosphère générale de charité de cette époque », explique Whitfield. Les avancés technologiques ont également joué un rôle, selon Whitfield. « La seconde raison [expliquant la popularité des films bibliques] était la télévision qui diffusait à l’époque en noir et blanc », dit-il. « Ce que les cinémas pouvaient faire, c’était de pourvoir aux couleurs riches et vivantes sur un très grand écran. » Mais dans une ère de sécularisme croissant, les dernières épopées bibliques pourraient-elles encore capter l’attention d’une nouvelle génération d’Américains ? L’un des premiers films inspirés de la Bible sur l’affiche pour 2014, dont la sortie est programmée pour février, est Le Fils de Dieu, par le producteur americano-britannique Mark Burnett et son épouse, Roma Downey. Le couple chrétien dévot a fait les grands titres l’an passé pour leur mini-série acclamée sur la chaîne History Channel : La Bible. Celle-ci a suscité des réactions polarisées sur son interprétation littérale de la Bible hébraïque. Produit par la 20th Century Fox, Le Fils de Dieu cherche à tracer la vie de Jésus de Nazareth tout en racontant également l’histoire avec « l’ampleur et l’étendue d’un film d’action », selon la bande-annonce du film.

Sur les talons de cette histoire de Jésus, il sortira en mars l’œuvre de Darren Aronofsky, directeur Juif américain : Noé, interprété par Russel Crowe, dans le rôle du patriarche qui a sauvé l’humanité du déluge. D’autres stars hollywoodiennes rejoignent Crowe comme Jennifer Connelly, dans le rôle de Naamah, la femme de Noé ; Emma Watson du célèbre Harry Potter, dans le rôle de Ila, la fille adoptive de Noé ; et Anthony Hopkins dans le rôle de Mathusalem, le grand-père de Noé. Aronofsky a accumulé beaucoup de critiques à cause de l'angle environnemental du film et d'autres libertés créatives qu'il s'est permis de prendre. « Noé est une très courte section de la Bible avec beaucoup de ‘lacunes’. Aussi avons-nous finalement dû prendre quelques libertés créatives pour ce film », raconta le producteur, Scott Franklin, à Entertainment Weekly (ndt : journal d’information sur les célébrités, le cinéma…) « Mais je pense que nous sommes restés dans la pure vérité et que nous n’avons pas vraiment dévié de la Bible, en dépit des anges à six bras. » Avec un budget massif de cent trente millions de dollars, Noé utilisera tous les effets spéciaux informatiques habituels de Hollywood ainsi que les scènes d’action dont les cinéphiles ont commencé à s’accoutumer durant les dernières décennies. « Le retour de Hollywood aux histoires bibliques peut aussi être expliqué par l’avancée phénoménale dans les graphiques générés par ordinateur, similaires aux écrans couleurs des années 50 », déclare Whitfield à JNS.org. « Les innombrables effets spéciaux ont déjà fait leur preuve dans les histoires comiques et de science-fiction revisitées, dit-il. Maintenant, ils peuvent les mettre dans la recréation du monde antique. »

Un autre péplum biblique grandement attendu en 2014 est le célèbre Exode de Ridley Scott, avec Christian Bale dans le premier rôle, Moïse, et la star de Breaking Bad, Aaron Paul, dans le rôle de son lieutenant, Josué, qui ne sortira pas avant décembre. Il y a très peu de fuites sur la direction que Scott fera prendre au film. Whitfield dit qu’en se concentrant sur les personnages principaux de la Bible et en utilisant des mégastars hollywoodiennes, Hollywood n’est pas en train de trop miser sur ces films, en dépit des nombreux changements en Amérique aujourd’hui. « En produisant des films centrés sur des personnages majeurs tels que Jésus, Noé et Moïse, ce sont des individus que même les moins cultivés connaissent, en comparaison avec la plupart des autres figures de l’histoire, » confia-t-il à JNS.org. Whithfield ajouta que ces films, par le fait d’utiliser des histoires bibliques qui se déroulèrent au Moyen-Orient, peuvent également présenter différentes distributions (ndt : des acteurs d’origine différente) et tramer des thèmes politiques modernes. « Parce que cela s’est passé au Moyen-Orient, vous pouvez aussi avoir une distribution multiraciale et multiethnique qui peut plaire aux valeurs hollywoodiennes », affirma-t-il.

Également prévu pour la fin 2014 : Marie, mère du Christ. Le film, qui se présente lui-même comme le « véritable prequel de la Passion du Christ [de Mel Gibson] », avec ses stars Odeya Rush, actrice israélienne de seize ans, dans le rôle de Marie, Ben Kingsley dans celui du roi Hérode, et Peter O’Toole, récemment décédé, dans le rôle de Siméon, un prophète dans l’évangile de Luc. La tendance des péplums bibliques sur le grand écran est partie pour durer encore pendant plusieurs années. Un certain nombre d’autres films bibliques sont à l’étude, notamment un film sous la direction de Will Smith sur Caïn et sa victime de fratricide, Abel ; ainsi qu’un film avec Brad Pitt dans le rôle de Ponce Pilate, le vil gouverneur romain de Juda, qui a condamné Jésus à une mort douloureuse. « Malgré le sécularisme croissant de nos jours, la Bible a toujours une forte part dans la culture américaine, souligne Whitfield. « Il existe plus d’une chance, pour les films inspirés de la Bible, d’attirer l’attention et la reconnaissance d’un large public qu’il y en a pour un autre film sur un président américain ou sur une quelconque personnalité historique. »