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Et pendant qu'on regarde...

Alors que les médias nous montrent la beauté du sport, de l’effort et de l’esprit d’équipe lors des événements comme la Coupe du Monde (CdM) ou les Jeux Olympiques (J.O.), dans les couloirs c’est une autre compétition qui se joue. Dans les coulisses de l’organisation des grands événements sportifs, injustice et corruption font rage.


En effet, les organismes organisateurs comme le Comité International Olympique (CIO) ou la Fédération Internationale de Football (FIFA) sont prêts à tout, ou presque, pour vendre leur « produit phare » à la planète entière.

Ces grands moments de compétition sont devenus synonymes de débauche d’argent public, d’expulsions massives des populations urbaines défavorisées pour construire des infrastructures souvent inutiles, de soupçons de corruption et de remises en cause de la démocratie, le tout sous l’acclamation des stades !

L’opacité de fonctionnement et l’absence de comptes à rendre de ces organismes se répercute dans leurs rapports avec les politiciens de tous les pays, qui se battent pour en arracher l’organisation. Ainsi, la FIFA a été impliquée dans plusieurs scandales de corruption, trucage et détournement de fonds.

L’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 a donné lieu à des allégations de corruption qui ont poussé plusieurs responsables de l’exécutif à démissionner. En parallèle, la règle est que le réveil est dur pour les villes et les pays organisateurs au lendemain des festivités : dépassement du budget allant jusqu’à 1079% en Afrique du Sud, épongé par les finances publiques, sans un mot dans les médias, division sociale, et retombées économiques largement inférieures aux dépenses.

Certains analystes estiment que les J.O. d’Athènes ont largement contribué à précipiter la Grèce dans la banqueroute. Au Brésil, « la Coupe du Monde entraîne des violations des droits humains tels que le droit au logement, le droit à la liberté de réunion et de mouvement, et le droit au travail », accusent les organisateurs des Public Eye Awards.

Un rapport du Centre for Housing Rights and Eviction (COHRE) estime de son côté que les Jeux olympiques ont entraîné, entre 1988 et 2008, l’expulsion directe ou indirecte de deux millions de personnes, dont la moitié rien que pour les JO de Pékin. Les reportages de la presse internationale, notamment du quotidien britannique The Guardian, ainsi que les missions de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de la Confédération syndicale internationale (CSI), sont venus mettre en lumière les conditions d’esclavage moderne subies par les travailleurs migrants sur les chantiers de la CdM au Qatar, entraînant une augmentation vertigineuse des accidents mortels du travail.

Ces grands événements servent de « thérapies de choc » sociales qui permettent aux élites politiques et économiques d’accumuler les profits et de refaçonner les sociétés selon leurs intérêts, sous les encouragements de stades bondés.