Roumanie : Le gouvernement roumain cède sous la pression des manifestants



Le gouvernement roumain a annoncé l’annulation du décret qui assouplissait l’ensemble des lois anticorruption, pensant ainsi pouvoir calmer la colère des centaines de milliers de Roumains descendus dans les rues pour manifester.

Le Premier ministre roumain, Sorin Grindeanu, a déclaré samedi soir : « Demain, nous nous réunissons pour abroger ce décret. » Ce revirement de situation a réjoui les manifestants rassemblés à Bucarest devant le siège du gouvernement parce qu’ils ont assisté à un événement historique. En effet, le gouvernement roumain a enfin plié sous la pression d’un peuple, au nombre de deux cents à trois cent mille personnes, foulant les rues de la capitale roumaine chaque soir depuis mardi pour protester contre ce décret « viol de la démocratie ».

Dans une société qui vit la corruption au quotidien, Alexander, un manifestant âgé de trente ans, ressent le décret gouvernemental comme une provocation. Père de famille et fonctionnaire, il perçoit le système comme étant « terrifiant ». Le gouvernement a été critiqué pour avoir voulu mettre à l’abri de la justice le chef du parti social-démocrate, M. Dragnea. Ce dernier a déjà été condamné à deux ans de prison avec un précédent dossier (PSD). Il est actuellement en procès dans une affaire d’emplois fictifs.

Nombreux sont ceux parmi les protestataires qui envisagent de poursuivre les rassemblements. Beaucoup demandent également la démission du gouvernement en place depuis un mois. Aura Oprea, une chef d’entreprise commente : « Ce ne sont que des mots ; il faut voir dans la pratique. »

Depuis la chute du communisme en Roumanie, un pays qui compte aujourd’hui vingt millions d’habitants, ces manifestations regroupant plusieurs centaines de milliers de participants sont inédites. Raluca, une femme de trente ans, déclare que ce revirement de situation sera une nouveauté pour la Roumanie. Georgiana Gragoi, une femme au foyer, dit : « Il s’agit du futur de nos enfants. Nous voulons que justice soit faite. ». Klaus Iohannis, président de centre droit, en guerre ouverte avec le gouvernement, a quant à lui salué « un pas important vers une normalisation. »


08-02-2017284 Politique
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